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Céki, Dédé?

Couturière, romancière, portraitiste, pâtissière, tricoteuse, cartonneuse, AFOL (acronyme pour Adult Fan Of Lego), architecte, styliste… Comme beaucoup de touche-à-tout, je sais faire plein de trucs, mais je ne suis experte en rien. Il y a fort à parier que mon neurone, si créatif soit-il, souffre d’un trouble de déficit de l’attention (en cours de diagnostic).

J’ai 44 ans bien tassés. À 30 ans j’ai appris que ma lenteur, ma maladresse, ma grande fatigabilité, et mes difficultés pour acquérir des automatismes (et la facilité à les perdre si je ne les entretiens pas quotidiennement) viennent d’un trouble nommé dyspraxie. Seulement quand j’étais gamine, on appelait juste ça « Bon sang mais quelle empotée, c’est pas Dieu possible ! »

Heureusement, je n’étais pas trop bête, donc avec un peu (beaucoup) de persévérance et d’amour de ma famille et d’enseignant.e.s particulièrement bienveillants, j’ai réussi à passer outre cette « tare » d’avoir quatre pieds gauches en étant droitière et le cerveau branché à la va-comme-je-te-pousse.

Mon autre problème : je suis complètement à l’opposé des canons de beauté, qu’ils soient passés ou présents (en revanche j’aurais été canon en Perse au siècle dernier, comme en témoigne la photo ci-contre.)

Ta-ta-ta ! Je sais ce que vous allez dire « oh, comme elle est méchante avec elle-même ! » Mais non ! Parce que je m’accepte très bien comme je suis, mon apparence est d’ailleurs un formidable miroir anti-c***, et mon côté rebelle se réjouit d’être une insulte permanente au conformisme esthétique régnant.

J’ai failli appeler ce site Rage Against the Fashion, mais les visiteurs non-anglophones et les seniors risquaient de ne pas saisir la référence. Si mon expérience de romancière bilingue m’a appris une chose, c’est que la barrière de la langue pour certaines personnes est aussi réelle et insurmontable qu’un 110m haies pour moi. Pas d’anglais, donc, sauf dûment traduit par mes soins.

Néanmoins, ma colère envers la mode est aussi une colère contre l’industrie de l’habillement, qui ne date pas d’hier.

Machine Singer 786.

En effet, c’est à cause de leurs manquements qu’à 12 ans, j’ai réquisitionné la Singer (une 746 ou 786, je crois) de ma Môman, et squatté les cours de couture donnés au centre social de La Flèche (dans la Sarthe, vous savez, le Zoo de la Flèche…). Je me sentais si mal dans les vêtements du commerce, trop serrée ou trop flottante, et les matières synthétiques, quelle horreur ! Ceux qui étaient confortables me paraissaient laids, donc, déjà si jeune, je ne voyais pas d’autre alternative que de faire mes propres vêtements. De plus, je pensais que savoir coudre serait un atout lorsque je serais médecin, ce dont je rêvais depuis mes quatre ans.

Douze ans, c’est le collège, donc la pire des périodes pour afficher un style vestimentaire personnel et s’affranchir des règles du groupe. Or j’étais déjà habituée à sortir du lot, alors un peu plus un peu moins…. D’autant qu’en arts plastiques, où je me distinguais quelque peu, nous avions survolé le temps de trois ou quatre séances, le sujet du dessin de mode. Bim ! J’ai décalqué ma silhouette vierge pour la reproduire à l’infini à la maison, afin de visualiser les vêtement que je cousais, jusqu’à ce que je m’améliore suffisamment en dessin pour créer mes propres silhouettes.

Entrée au lycée militaire de La Flèche, la vie en internat et le port de l’uniforme ne me laissaient guère le temps de coudre, mis à part les robes pour le bal de Trime… Surnommée Saupiquet, je faisais immanquablement tapisserie, donc par bravade, je me suis cousue une robe de soirée… en tissu d’ameublement ! Ce coup de bluff m’a au moins permis d’être invités pour quelques danses.

Puis ce fut le temps des études supérieures, je me suis longtemps cherchée : fac de médecine, école d’infirmière, fac de lettres, fac d’anglais. J’adorais étudier, mais le prix à payer (bosser dans un fastfood pour payer le gîte et le couvert) était trop lourd pour moi, mes neurones en vrac, et une santé qui n’a jamais été très solide.

J’ai rencontré mon conjoint en 2008, et grâce à son soutien indéfectible, j’ai pu, petit à petit, comprendre pourquoi j’avais ce sentiment de n’arriver à rien tout en faisant plein de choses…

C’est grâce à lui qu’aujourd’hui, je suis diplômée en stylisme-modélisme – même si pour le moment, je ne travaille pas dans ce secteur – que j’ai deux belles machines et un bel atelier bien organisé pour y mettre tout mon matériel créatif : couture, tricot, dessin, écriture…

Aujourd’hui c’est bien moins la rage contre la mode, qu’une envie de partage, de sororité envers mes frangines « grandes tailles » qui m’anime, et m’a conduit à créer ce site. Viendra qui veut. Si mes aventures couturesques motivent, aident, font sourire ne serait-ce qu’une personne, alors je n’aurais pas perdu mon temps.

Cependant, je n’opère pas toute seule, alors je vous présente le reste de mon « staff »

Nours :

Mon conjoint. C’est lui-même qui s’est qualifié d’ours, bien avant cette histoire d’une majorité de femmes préférant croiser un ours plutôt qu’un homme. Il est très casanier et solitaire, bien qu’il soit doté d’un sens de l’humour et d’une répartie qui auraient fait des merveilles en théâtre d’improvisation.

Vous me verrez parfois l’appeler Docteur Kinours (il est encore meilleur masseur que mon kiné !) ou mon Chours, parce qu’il a aussi un côté chat, et un côté chou. 

Bref, j’ai réussi à apprivoiser la bête, et je ne regrette pas. Il est parti intégrante de cette nouvelle aventure dans laquelle je me lance, du fait de son expertise en informatique et bien sûr son soutien, son œil objectif que je sollicite fréquemment. Je ne me lasse pas, même au bout de seize ans de vie commune, de sa lucidité inébranlable en toutes choses, ou presque.

Louloute :

Perle de son vrai nom, elle est la reine, que dis-je, l’Être Suprême qui règne céans, ne perdant jamais sa superbe en dépit du degré pitoyable de gâtouillerie auquel sont réduits ses deux esclaves et des surnoms les plus improbables dont nous l’affublons (le Bigorneau, Ronronnette, Chouchounette, mon Rhododendron, ma Poupe, Poupinouchette, Boubinette, pour ne citer que ceux qui sortent le plus souvent.)

 

Scrat :

Il y a seize ans, quand nous étions encore jeunes et fous, nous avons adopté un Scrat réchappé d’une machine à sous de la fête foraine d’Angers. Mal nous en a pris. Outre son masochisme et son obsession pour les gla fruits du chêne, il a une fâcheuse tendance à s’incruster dans les conversations, sur les photos… vous verrez fatalement sa truffe passer de temps à autres

 

Mathilde :

Ma « fille ». Nours et moi n’ayant pas pu avoir d’enfants, ni naturellement, ni par adoption, j’ai reporté une partie de mon affection sur une poupée Marie-Françoise de la marque Petit-Collin, offerte par ma mère, que j’ai baptisée Mathilde. J’ai gardé une partie de mes chutes pour lui confectionner des vêtements.

Fux :

Tout comme Scrat, Fux est un rescapé de fête foraine. Ne vous fiez pas à sa petite taille ou aux couleurs criardes de son pelage, car en vérité, il est le plus sage et le plus savant d’entre nous tous. D’ailleurs, lorsque quelque chose nous échappe, nous avons coutume de dire « Seul Fux le sait. » et nous lui devons l’ouvrage de référence « Le Petit Fux illustré », dont je partagerai quelques extrait avec vous sur ce site (avec son accord, bien sûr !)

Mamoushka :

Ma mère, dont je suis très proche. Elle m’a donné tellement d’amour dans mon enfance qu’aujourd’hui, j’essaie de le lui en redonner pour que ses dernières années soient les plus douces possibles. Je l’ai convertie (hihihi, rire démoniaque) au Liberty et j’avoue prendre beaucoup de plaisir à lui faire de beaux chemisiers et de belles robes. Elle sait un peu coudre, mais son dada à elle, c’est le tricot. Elle a réussi à m’apprendre (et il lui en a fallu de la patience !) à tricoter aussi, mais je n’ai pas son aisance ni sa rapidité d’exécution.

Belle-Maman :

Autant Nours est placide, serein, et se met rarement en rogne (quoiqu’il soit, comme moi d’un naturel facilement anxieux), autant sa mère est un tourbillon ambulant. Comme elle est très certainement hyperactive, nous nous comprenons à demi-mot l’une l’autre. Elle me traite comme sa fille, et comme pour ma propre mère, j’essaie d’alléger ses soucis, de l’aider à mieux vivre le temps qui passe et nous abime inexorablement, ce qui est doublement difficile à supporter pour une personne incapable de se poser et de ne rien faire, même lorsque c’est nécessaire. Elle me sollicite parfois pour un peu de couture, et comme elle aime bien les chemises à carreaux, je lui en fais.